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 Mehmet Ozgur

    

          On entend souvent dire qu’il faudrait vaincre sa peur. Il est vrai que celle-ci, outre qu’elle est une souffrance, nous empêche d’agir, d’aller au devant des rencontres, de vivre la vie dans sa plénitude. Quel rêve, ne plus avoir peur !

 

       Mais regardons de plus près. Avant d’aborder l’inconnue qu’il désire, l’amoureux est terrifié. Quel est le moyen, pour lui, de ne plus avoir peur ? Celui du grand timide : tourner les talons et fuir ! Loin de la femme qu’il aime, le voilà pleinement rassuré. La peur a disparu avec l’objet de son désir. Jacques Brel, cet immense artiste qui vomissait son trac avant chaque entrée en scène, aurait pu éviter cette pénible expérience : il lui suffisait d’annuler son concert. Mais il aurait alors sacrifié son désir. Ces deux exemples nous signalent un intéressant paradoxe : ce n’est pas la peur qui inhibe - c’est le refus de vivre la peur. Dès lors que je mets tout en œuvre dans ma vie pour ne pas traverser l’expérience de la peur, je renonce également à tous mes vrais désirs. Car c’est le désir qui met en danger ! Désirer, c’est toujours aller vers ce qu’on ne sait pas. Au contraire de la pulsion qui, Freud l’a montré, est régressive et vise le rétablissement d’un état antérieur, le désir, lui, va de l’avant. Son seul objet est l’inconnu. Observons un enfant.

 

       En état de perpétuel désir, dès qu’il a fait une expérience, il se désintéresse de ce qu’il sait pour aller vers ce qu’il ignore. C’est pourquoi, tous les parents le savent, il n’est pas en sécurité. Mais lui n’a pas peur, car il n’a pas encore la connaissance du monde et de ses périls. À mesure qu’un enfant acquiert cette connaissance, sa peur grandit, nourrie souvent de celle de son entourage. Qu’est-ce que la peur ? Le désir, plus la connaissance. Il y a donc deux manières d’éviter la peur. La première : nier la connaissance.

 

       C’est l’attitude de l’inconscient, celui qui met lui-même et les autres en danger parce qu’il rejette hors de sa conscience les réalités du monde, donnant l’apparence d’un courage qui n’est que folle témérité. La seconde : nier le désir.

 

       C’est la recherche effrénée de la sécurité, incitant à tout prévoir, tout planifier, ne vivre que routines et répétitions.

 

       Quête illusoire : tant qu’on n’est pas mort, on n’est jamais complètement en sécurité ! Le meurtre du désir est négation de la vie.

 

       Si l’on veut vivre à la fois la connaissance et le désir, alors ne reste qu’une voie, celle du vrai courage : accepter la peur. Si je me risque dans l’inconnu en toute conscience, je ne peux échapper à celle-ci. Toute vraie rencontre est redoutable : car elle me confronte à une altérité radicale, celle de ce mystère qu’est autrui, que je ne peux posséder, qui m’échappe, et m’incite à me vivre moi-même d’une manière absolument neuve. Bien des êtres croient aimer quand ils ne font qu’entretenir un pacte mutuel de réassurance, en demeurant le même tout en attendant de l’autre qu’il ne change pas, chacun niant en lui-même toute dimension d’altérité, de mystère, de nouveauté. Il n’y a pas d’amour sans insécurité. De même, créer est effrayant, car il s’agit, abandonnant tout savoir sur soi et toute identité, de laisser surgir de soi l’inconnu. Aimer, créer : tout ce qui donne sens à la vie implique de traverser la peur.

 

       La peur est notre amie. Elle nous délivre un précieux message : celui de notre insuffisance. Dans l’amour comme dans la création, je me trouve dans une dimension où ce que je sais, ce que je peux par mes seules forces ne suffisent pas. Ne fuyons pas la peur : c’est elle qui nous ouvre à la grâce !

 

 

 

 

© Denis Marquet

Photo de Mehmet Ozgur

 

 

 

Par croco
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Dimanche 13 mars 2011 7 13 /03 /Mars /2011 19:35

  Photo Fun bis

 

Dans l’air froid du matin, ralentissons un peu le pas.

Remarquons comme nous sommes toujours pressés, comme notre tête est toujours arrivée avant nous sur notre lieu de travail, par exemple !

En laissant notre pensée nous échapper ainsi, nous n’habitons jamais la maison qui nous est donnée à la naissance, nous ne la rendons pas vibrante par la force de notre pensée consciente.

Ce matin en marchant vers le métro ou la voiture, prenons le temps de répéter lentement : « je suis là. »

Sentons les articulations de nos hanches qui déplacent chaque jambe dans un mouvement harmonieux.

Nos épaules ne sont-elles pas tendues inutilement ?

Relâchons quelque chose en nous, levons la tête et laissons l’infini du ciel pénétrer nos yeux. Revenons ensuite dans notre corps :

« je suis là. »

 

 

 

Je ne suis si heureux que lorsque je suis pénétré

de ma tranquille existence.

Goethe

 

 

 

Ce matin, je laisse la vie me rattraper.

J’habite mon corps d’instant en instant.

 

 

 

Sylvie Vézina, Un jour à la fois

 

Par croco
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Samedi 22 janvier 2011 6 22 /01 /Jan /2011 13:29

 

 

Jean-Paul Nacivet 4 '

 

 

 

     J'en ai plein le dos ! » assène Muriel qui, croulant sous une charge intense de responsabilités, se plaint d'un mal de dos récurrent.

 

     Mal au foie, migraine, vertiges, eczéma, boule dans la gorge ou nausées avant un entretien ou un rendez-vous capital, troubles du colon que l'on nomme colopathie fonctionnelle, nombreux sont les maux somatiques dont nous souffrons pour la plupart d'entre nous.

 

     Quelquefois, nous avons l'impression de porter un tel poids qu'il nous est impossible de le formuler autrement qu'en courbant l'échine. Un corps souffrant est souvent porteur d'un message. Quand nous réprimons notre colère, notre corps réagira par exemple par un lumbago, quand nous sommes anxieux, angoissés et qu'il nous est impossible de verbaliser notre peur, celle-ci s'exprimera par une allergie, des vomissements, des palpitations ou par tout autre message. Lorsque nos émotions nous bousculent, il nous arrive de perdre notre self-control et notre corps réagira jusqu'à la maladie.

 

     Un simple trac peut agir sur le physique. La peau, cette enveloppe corporelle, jonction entre «  le dedans et le dehors » est le lieu privilégié de l'expression émotionnelle.

 

     «  Quand ça ne passe pas par la bouche, il faut bien que ça passe ailleurs ! » écrit Groddeck, contemporain de Freud, considéré comme le père de la médecine psychosomatique, et auteur attentif du langage du corps vécu. Pour lui, nos organes parlent, une douleur abdominale serait une manifestation somatique d'une question restée sans réponse. Ce qui est tu, réprimé s'exprimera à même le corps chargé de supporter tous ces silences. Parfois ce corps prend l'allure d'une véritable prison. Il impose de telles souffrances et se fait l'écho par ses manifestations sonores à l'insatisfaction profonde dont nous ne sommes pas toujours conscients. Lorsque le désir fondamental est brimé, l'individu tombe malade. Tout déséquilibre psychologique retentit sur le système endocrinien et végétatif.

 

En Chine, on considère l'être comme une unité fonctionnelle

reliée au cosmos.

 

     La santé découle de l'équilibre entre deux polarités : le Ying et le Yang. La pensée orientale (tibétaine, chinoise ou indienne) propose un modèle dynamique et énergétique du corps et le rééquilibrage énergétique s'effectue essentiellement par l'apprentissage de la respiration. Dès leur plus jeune âge, à l'école, les enfants apprennent à se mouvoir harmonieusement.

 

     Sonia est une employée modèle. Toujours à la tâche, elle est la dernière à quitter son bureau et ne sait pas dire non. Accablée par un surcroît de tâches à exécuter, elle est hospitalisée d'urgence pour un syndrome d'épuisement. «  Au moins, ils ne pourront rien me dire puisque je suis à l'hôpital, enfin, je vais pouvoir me reposer » dit-elle.

 

 

La maladie doit-elle être obligatoirement le prix à payer

pour obtenir le droit de souffler ?

 

     Carl Simonton explique que la maladie implique souffrance et angoisse, mais elle résout aussi bien des problèmes dans la vie des gens. Elle agit comme un « faciliteur », un donneur de permission, en permettant des comportements qu'on ne s'autoriserait pas normalement. La maladie lève la censure et suspend un certains nombres d'attitudes. Tomber malade devient alors le seul moyen acceptable pour nous décharger du poids de certaines responsabilités afin de s'occuper de soi sans culpabilité.

 

 

Du bon usage des maux

 

     La maladie peut offrir l'occasion d'une remise en question, voire même d'une transformation positive. Pour sonder notre corps, il nous faut apprendre à ouvrir les canaux de communication, entre notre conscience et notre corps. En prenant davantage soin de notre corps, nous apprendrons à reconnaître les signes de tensions, de fatigue et à y remédier.

 

Prendre conscience de son corps

c'est s'octroyer régulièrement un rendez-vous avec soi,

à travers simplement une petite pause plaisir pour se détendre.

 

      Lorsqu'on amène une personne à prendre contact avec son corps en thérapie, elle parvient peu à peu à comprendre pourquoi elle contracte son ventre, d'où cette respiration bloquée qui l'étouffe et provoque des palpitations, pourquoi elle serre les dents avec, pour conséquence, une mâchoire verrouillée qui génère tensions et douleurs chroniques. Certains se construisent une véritable armure pour éviter de ressentir la colère ou tout autre trouble. Du fait de cette cuirasse, ils n'ont pas accès à leur émotionnel. «  Je me contrôle en permanence pour ne rien ressentir, j'ai peur de ce qui peut sortir ! » confie Christine. Plus le corps est rigide, moins il a de sensations, plus il est brimé, plus il aura tendance à s'exprimer.

 

 

Comment mieux décoder les messages du corps ?

 

Voici un exemple d'écoute du corps :

 

Lorsqu'une douleur se manifeste, imposez-vous le calme.

Détendez tous vos muscles et posez-vous les questions suivantes :

«  Que signifie ma douleur ? Qu'a- t-elle à me dire ? »

 

     Laissez émerger les réponses, elles ne viendront pas spontanément. Soyez à l'écoute de votre être, comme si chaque parcelle de votre corps et de votre esprit s'efforçait d'entendre quelque chose. En vous mettant ainsi à l'écoute de vous-même et en comprenant ce que vous ressentez, vous progressez également dans la communication avec votre entourage. Pour cela, il vous faut d'abord être en lien profond et en accord avec vous-mêmes. L'intimité avec soi-même exige que nous vivions cette harmonie intérieure. Prendre soin de soi permet d'entretenir une meilleure relation avec les autres.

 

 

Écouter son corps, c'est entrer en contact avec lui, c'est en être conscient, l'habiter,...

...c'est se fier à son intuition et se faire confiance. C'est prendre le temps d'écouter nos sentiments et d'essayer d'y répondre par une action appropriée. Se centrer sur l'écoute permet de réduire toutes les tensions psychiques et physiques, d'accueillir les différents messages, d'identifier nos besoins réels et d'y répondre en redéfinissant par exemple nos limites, nos priorités et en repensant nos choix.

 

 

Apprenons par exemple à travers nos 5 sens à découvrir de nouvelles sources de plaisirs...

En se connectant à nos sens, nous en découvrirons encore d'autres, comme la créativité, l'imaginaire etc. pour être vraiment en contact avec notre corps, avec nos émotions, avec la nature, avec la vie dans tous ses sens.

 

 

Pour éviter de se laisser habiter par un déferlement de pensées parasites, habituons-nous par exemple dans la journée à être vigilant à notre état intérieur

... simplement percevoir la présence attentive de son souffle, avec la sensation agréable de bénéficier d'un peu de temps pour être avec soi, attentif aux mouvements que l'on effectue ou encore prendre le temps de savourer un met en mangeant dans la pleine conscience ce que ce qu'on déguste. Attentif à soi, mais aussi à son environnement : regarder autour de soi, écouter le tic tac d'une pendule, communiquer avec la nature, quel que soit notre environnement, être présent à la musique, à ses vibrations, autant de techniques simples à la portée de chacun.  

 

Michèle Freud  

                                                                                         Photo de Jean-Paul Nacivet

 

Par croco
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Jeudi 2 septembre 2010 4 02 /09 /Sep /2010 14:19

 

 

rien faire

 

 

 

S’accorder    le    temps    de

ne rien faire…

 

 

      Se souvenir…

 

    Je suis un être…

        pas un « faire »

 

 

 

 

Par croco
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Mardi 24 août 2010 2 24 /08 /Août /2010 15:46

 

 

Jean-Paul Nacivet 

 

Chaque matin, vous pouvez avoir les pensées positives suivantes :

 

« Je serai détendu pendant toute la journée même si mon patron se fâche, même si j’ai des ennuis dans mon travail, même si les gosses sont impossibles, je vais me concentrer sur une attitude détendue, sur mon comportement nouvellement découvert, sur ma paix intérieure, dans n’importe qu’elle circonstance, et rien ne me fera changer d’attitude.

Si les choses vont vraiment mal, je relâcherai mes épaules, je décrisperai mes mâchoires,  je détendrai mes muscles abdominaux. Mon comportement serein ne va pas seulement me protéger mais calmera aussi l’agitation autour de moi.

Je refuse de m’exciter pour un rien, je refuse d’être emporté par la tempête qui sévit autour de moi. Rien au monde ne vaut la peine de me crisper au point d’en perdre ma santé et mon bien-être.

Je vais essayer d’augmenter la confiance que j’ai en moi et me débarrasser de mon agressivité. Je sais que lorsque je subis des tensions excessives dans mon corps, je me détruis.

Des que je sentirai la nervosité m’envahir, je serai capable de me relaxer immédiatement en employant mes trois réflexes. »

 

 

 

Vaincre par la sophrologie, Raymond Abrezol

Photo de Jean-Paul Nacivet

 

Par croco
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Samedi 7 août 2010 6 07 /08 /Août /2010 11:53
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